Bord'Elle

Le bonheur pudique

on 9 novembre 2016 No comments

Le plus dur quant on veut écrire quelque chose c’est de poser la première phrase. C’est difficile et un peu angoissant parce que cette première phrase va définir quasiment à elle seule définir le ton du texte et c’est bien souvent sur cette unique phrase que toi lecteur choisira où non de continuer à lire.

Ce début d’article, cela fait bien quatre fois que je le recommence mais à chaque fois, il y a ce je ne sais quoi qui me dérange. A bien y réfléchir, depuis un petit moment, j’ai du mal à écrire… Pourtant, j’ai toujours autant écrit que je dessine. J’ai toujours des milliers de choses à dire, des milliers de poésie, des milliers de mots à peindre … Mais là, je bloque… Il y a comme une pudeur qui m’empêche d’écrire…

Il y a deux semaines, on s’est séparé. Bien sur, ce n’était pas la fin du monde. Oui je m’étais attachée, bien plus que lui, c’était d’ailleurs le problème, mais ça irait. De toute façon, ça ne changerait pas grand chose à ma vie qu’on soit ensemble ou pas et puis j’ai toujours mes petits loups. Sauf qu’en réalité, ça ne s’est pas passé comme ça. En réalité, c’est là que j’ai compris la citation de Prévert. J’ai compris que je l’aimais vraiment comme cela faisait longtemps que je n’avais pas aimé… J’ai aussi compris que de peur de le perdre, je le faisais fuir. J’ai eu la plume et le crayon productif pendant ces deux semaines.

J’ai reconnu le bonheur au bruit qu’il a fait en partant… – J. Prévert

Mais il est revenu et le bonheur l’a suivit tout en douceur. Depuis, il se pelote en boule au fond de ma poitrine. Je dois avouer que je le berce tout doucement, sans précipitation aucune, pour qu’il ne s’en aille pas…

Je m’aperçois que c’est lorsque je suis heureuse que je n’arrive plus ni à peindre, ni à dessiner… En fait, je crois que j’ai le bonheur pudique. Bon d’accord, c’est un faux pudique car je reste une grosse pipelette qui piaille ses amours et ses joies à qui veut bien l’écouter, enfin à ma maman quoi. En fait, quant il s’agit de le crier, de le montrer à des inconnus, il n’y a rien à faire je n’y arrive pas. Ce que je produis est vide. C’est toujours affreusement vide d’émotions et de sentiments.

Mais tout ça n’est pas qu’une question de pudeur, je n’arrive pas à exposer le bonheur.

D’abord parce que pour avoir toucher le fond, j’ai vraiment peur de blesser des gens. Lorsque j’étais en dépression et que je pensais ne jamais m’en relever, je regardais avec envie le bog de Etdieucréa en trouvant son bonheur horrible car bien trop lumineux pour moi. Déjà à l’époque, je savais que j’étais injuste. Depuis que je me suis relevée, je prend d’ailleurs plaisir à admirer ses photos et à « partager » leurs joies. Mais malgré le fait de savoir que ce n’est pas le bonheur des autres qui a fait mon malheur.  Je continue à craindre de faire souffrir.

Et puis il y a une autre raison… Celle là est beaucoup plus difficile à écrire et rejoins beaucoup la fin de mon article sans fin … J’ai peur qu’à trop le crier sur les toits, il finisse par s’envoler … Parce que je ne veux jamais oublier que le bonheur est léger comme une plume et éphémère comme une bulle de savon… Alors voilà, si je ne le partage pas ici, c’est à la fois parce que je n’y arrive pas et en même temps car j’ai bien trop peur de le faire fuir.

Donc, voilà si je ne suis pas très présente en ce moment, c’est parce que mon petit bonheur et moi, on préfère se pelotonner dans le canapé avec une bonne couverture et un chocolat chaud devant la cheminée. Pour me faire pardonner (un petit peu), je vous ai préparer un petit fond d’écran tout doux et tout chaud pour lutter contre le froid qui arrive !

fondpoilu

 

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